Les places d'examen au permis de conduire

La répartition des places d’examens d’une auto-école est définie par la Circulaire n°2006-3 du 13 janvier 2006 relative à la nouvelle méthode nationale d’attribution des places d’examen du permis de conduire. Contrairement à une idée reçue largement répandue, le nombre de places d’examens d’une auto-école n’est pas directement déterminé par les taux de réussite de l’auto-école.

 

Comment sont calculées les places d'examen d'une auto-école ?

Le calcul des places d’examens se fait de manière mensuelle, et deux paramètres sont à prendre en compte, pour connaître le nombre de places qu’une auto-école aura pour le mois.

Paramètre n°1 : Le nombre de places de référence de l’auto-école.


Avant d’entrer plus loin dans l’explication, il est important de rappeler un point essentiel : l’administration ne prend en compte que les places des élèves qui passent l’examen pour la première fois (ou B1). Les autres élèves, qui ont raté l’examen pratique, ne sont plus calculés et sortent des statistiques.
Prenons l’auto-école A. L’an dernier, sur les 12 derniers mois, elle a fait passer 60 candidats « B1 ». Elle a donc fait passer, en moyenne, par mois, 5 candidats B1. (60/12). Sa population de référence pour le mois est donc de 5.

Paramètre n°2 : Le coefficient départemental d’attribution


Ce chiffre, déterminé par le service de répartition de la préfecture, s’appuie lui, théoriquement, sur :

  • Le nombre de places disponibles (qui dépend du nombre d’inspecteurs et de leurs disponibilités sur le département)
Par exemple, si, dans un département, on dispose de 10 inspecteurs, en capacité de faire passer 12 élèves par jour sur un mois (20 jours ouvrés), cela fait un nombre théorique de places disponibles qui s’élève à 2 400 places.
  • Le nombre moyen, par mois, de candidats B1 qui se sont présentés sur les 12 derniers mois.
Autrement dit, si sur les 12 derniers mois, 24 000 élèves B1 ont été présentés dans le département, cela fait une une moyenne mensuelle de 2 000 élèves. Le coefficient de répartition pour le mois sera donc : 2 400 / 2 000 = 1,2
Total du nombre de places d’examens pour l’auto-école A pour le mois : 5 x 1,2 = 6 places.

Quels problèmes rencontre-t-on avec cette méthode ?



C’est une équilibre délicat. En effet, dans notre exemple, si le nombre d’inspecteurs baisse, que l’un d’entre eux tombent malades ou part en congés, le nombre de places d’examens diminuent, et le coefficient va diminuer également. Par ailleurs, l’activité des inspecteurs ne se limitent pas aux passages d’examens, ils ont une activité administrative et de surveillance des épreuves théoriques qui prennent près de 30% de leur temps.

De plus, il reste une grande inconnue dans ce calcul : les élèves qui ont déjà raté leur permis. Et c’est là que les taux de réussite à l’échelle du département ont un impact indirect dans le nombre de places disponibles. Si sur l’année passée, le taux de réussite du département à été faible, davantage de candidats sont en attente de re-passer. Les auto-écoles devront en refuser certains, ou les faire patienter, si elles souhaitent que leur nombre de places de références ne diminue pas.
Par exemple : si l’auto-école qui dispose 6 places, fait passer 6 B1, et que le taux de réussite est de 50%, cela signifie qu’elle se retrouve avec 3 élèves « sur les bras » à faire passer. Imaginons que le mois suivant, l’auto-école dispose à nouveau de 6 places. Si elle en prend 3 places pour faire passer les élèves qui ont échoué au mois précédent, il ne lui sera compté que 3 présentations au prochain calcul.
Si toutes les auto-écoles jouent le jeu, le nombre de places B1 global du département baisse, et par conséquent, la population de référence baisse. Le cœfficient de répartition augmente théoriquement les mois suivant, pour « redonner » des places à ces auto-écoles.
Au contraire, s’il y a eu un fort taux de réussite, on peut supposer que les auto-écoles ont pu proposer davantage d’élèves à l’examen. Mais si les disponibilités des inspecteurs n’ont pas augmenté, le cœfficient sera donc plus faible.
Ainsi, dans un monde idéal où le nombre de places d’examens reste stable et où les auto-écoles jouent le jeu de représenter leurs élèves qui ont échoué le plus rapidement possible, et où le taux de réussite mensuels oscille entre 57% et 61% (chiffres 2012) l’écart entre les places pour les nouveaux élèves et la population de référence est stable.